Glossaire

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A

 

ACIDES AMINÉS

Les acides aminés sont des molécules qui, combinées entre elles, forment les protéines.

 

ALLÉGEMENT DE VERNIS

Opération consistant à amincir une couche de vernis ancien plus ou moins oxydé (coloration ambrée caractéristique) afin de redonner au tableau une lisibilité satisfaisante tout en respectant sa patine. Dans la majorité des cas, les allégements se font à l’aide de solvants adaptés. Mais parfois, certains vernis très durs et résistants ne peuvent être amincis qu'au scalpel (“à sec”).

 

ANOXIE

L’anoxie est la diminution importante de la quantité d’oxygène distribuée par le sang aux tissus. En restauration, le procédé est utilisé pour éliminer les xylophages lorsqu’ils endommagent un objet en bois. Pour cela, l’objet est placé dans une bulle étanche avec des absorbeurs d’oxygène pendant 21 jours.

 

B

 

BACTÉRIE

Micro-organisme unicellulaire procaryote (caractérisé par une absence de noyau et d'organites). La bactérie contient un seul chromosome et éventuellement des plasmides. Elle n’appartient ni au règne végétal, ni au règne animal. Dans le domaine des œuvres peintes, les bactéries peuvent provoquer une dégradation du support (toile, bois, carton) et des altérations de la couche picturale.

 

BANDES DE TENSION

Intervention visant à renforcer la solidité d'une peinture sur toile à sa périphérie au moyen de minces bandes de textile collées au revers (strip lining). Elle évite un doublage précoce tout en permettant de tendre et de fixer la toile au châssis.

 

BORDAGE

Opération consistant à protéger les tranches d’un tableau monté sur châssis à l’aide de bandes de papier kraft adhésif.

 

C

 

CELLULOSE

La cellulose est un glucide constitué d'une chaîne linéaire de molécules de D-Glucose. C'est le principal constituant du bois et des végétaux (en particulier, de la paroi de leurs cellules). Sur terre, c'est la matière organique la plus abondante (plus de 50% de la biomasse).

 

COUCHE PICTURALE

Ce terme désigne toutes les strates qui se situent au dessus du support. En général, la couche picturale est constituée de : l’encollage, la préparation, la couche de couleur, les glacis, les vernis.

 

D

 

DÉCRASSAGE

Le décrassage est la première étape de ce qui est désigné plus globalement sous le terme nettoyage. Cette action se concentre sur tous les dépôts de différentes natures situés au-dessus du vernis. Quand l'œuvre n'est pas vernie, ces salissures entrent en contact direct avec la couche colorée qui devient plus délicate à nettoyer.

 

DÉPLACAGE

Phénomène de perte d’adhérence et de désolidarisation entre le support et la couche picturale.

 

DOUBLAGE

Technique de consolidation générale du support au moyen d’une toile appliquée par collage au revers du tableau. Contrairement au rentoilage, l’adhésif utilisé lors d’un doublage n’imprègne pas le support original.

 

DOUBLAGE AVEUGLE

Opération consistant à tendre une toile peu sensible à l’humidité (polyester) à l’arrière d’un tableau monté sur châssis. En milieu humide, le doublage aveugle protège et isole le tableau. Dans un édifice ancien, il évite également le dépôt de poussières et de gravats qui, au fil du temps, s’accumulent entre le revers de l’œuvre et les montants du châssis.

 

E

 

ECAILLAGE

On désigne par écaillage, toute forme d'îlots de matière à la périphérie relevée, formant une surface concave (en "cuvette") et présentant un défaut d'adhérence. Contrairement aux déplacages ou aux soulèvements, les écailles se forment à partir du réseau de craquelures. Le principal responsable de ce phénomène est l'humidité, provoquant allongements et rétractations du support.

 

F

 

FIL-A-FIL

Technique de collage de fils permettant de retisser la toile dans une zone lacunaire.

 

H

 

HUMIDITÉ RELATIVE

L'humidité relative (H.R.) représente la quantité de vapeur d'eau contenue dans un volume d'air donné par rapport au maximum qu'il pourrait contenir à une température et à une pression données. l'H.R. va de 0 à 100%. On considère que l'air est sec quand l'humidité relative est inférieure à 35%, l'air est moyennement humide entre 35 et 65% d'H.R. et l'air est humide au delà de 65% d'H.R. A l'intérieur d'un même espace, l'H.R. varie en fonction des changements de température : elle augmente si la température baisse et diminue si elle s'élève.

 

HYGROMETRIE

Science ayant pour objet de déterminer la quantité d'humidité contenue dans l'atmosphère. Par abus de langage, on parle d'hygrométrie à la place de degré d'hygrométrie pour désigner la quantité d'humidité contenue dans l'air.

 

I

 

INCRUSTATION

Technique consistant à combler une lacune de toile (trou), avec une pièce textile de même nature.

 

INFRAROUGE

L'infrarouge est un rayonnement électromagnétique dont la longueur d'onde se situe "en deçà du rouge", c'est à dire du spectre visible constituant la lumière. Les infrarouges sont invisibles mais interagissent avec la matière en créant son réchauffement.

 

 

L

 

 

LIGNINE

La lignine est un des principaux composants du bois, avec la cellulose et l'hémicellulose. Elle est présente principalement dans les plantes vasculaires et dans quelques algues. Ses principales fonctions sont d'apporter de la rigidité, une imperméabilité à l'eau et une grande résistance à la décomposition. Toutes les plantes vasculaires, ligneuses et herbacées, fabriquent de la lignine.

 

LUMIERE

La lumière est constituée d'ondes électro-magnétiques classées selon leurs longueurs, celles-ci étant exprimées en nanomètres (un nanomètre = un milliardième de mètre). Sur l'échelle des longueurs d'ondes, on considère que la lumière visible se situe entre 400 et 700 nanomètres. Au delà de 700 nanomètres se trouvent les infrarouges. En dessous de 400 nanomètres se trouvent les ultraviolets.

 

LUX

Le lux est une unité de mesure. Il correspond à l'éclairement d'une surface qui reçoit, d'une manière uniformément répartie, un flux lumineux d'un lumen par mètre carré.

 

 

M

 

MASTIC

Matière plus ou moins souple constituée d’une charge (craie blanche ou colorée) et d’un liant (colle de peau, résine vinylique, cire). Par la face, les mastics permettent de remettre à niveau les zones lacunaires de la couche colorée. Au dos, ils peuvent consolider des zones fragilisées (petites déchirures, fil-à-fil, incrustations, etc.). En raison de leur souplesse, les mastics à la cire sont particulièrement adaptés aux supports en bois susceptibles de se déformer ou de se rétracter au fil du temps.

 

MOISISSURE

Ce terme désigne l’altération d’une substance organique, attaquée et couverte par des végétations cryptogamiques. Ascomycètes, Mucor, Mycoderme Pénicillium, Pussinie, Sporotric sont les champignons des moisissures formant une mousse étalée en taches veloutées. Ce phénomène précède souvent la décomposition. Dans le domaine des œuvres peintes, les moisissures peuvent provoquer une dégradation du support (toile, bois, carton) et des problèmes de cohésion de la couche picturale.

 

O

 

OXYDATION

L'oxydation est un phénomène chimique naturel qui se développe au fil du temps et altère, entre autres, la résine des vernis. Sous l'effet des rayons ultra-violets et de l'oxygène de l'air, les doubles liaisons moléculaires de la résine se transforment en simples liaisons, beaucoup plus résistantes. Cette réaction favorise l'apparition d'acides et de cétones en plus ou moins grande quantité, responsables du jaunissement des vernis.

 

P

 

PH (POTENTIEL HYDROGENE)

Sur une échelle allant de 0 à 14, le pH détermine la nature acide ou basique d'une solution. De 0 à 7, une solution est plus ou moins acide. De 7 à 14, elle est plus ou moins basique. La valeur 7 correspond au point central de neutralité. Le savon, l'ammoniaque sont des produits très basiques (plutôt détergents). A l'inverse, le vinaigre ou l'acide chlorhydrique sont très acides (plutôt décapants).

 

POSE DE PIÈCE

Technique permettant de stabiliser et consolider une toile affaiblie par un accident peu important (déchirure, accroc, enfoncement, trou). La pièce peut être constituée d’une toile de lin ou d’intissé. Elle est posé par le revers à l’aide d’un adhésif naturel ou synthétique.

 

PRÉPARATION

La préparation est une couche appliquée sur la toile avant son exécution. Elle unifie la surface et isole le tissage qui, au contact de la peinture et de l'huile de lin, pourrait s'oxyder (fibres devenant anormalement fragiles et cassantes). Aujourd'hui, les toiles industrielles prêtes à l'emploi sont presque systématiquement enduites d'une couche blanche, mais au fil des siècles, colorées aux pigments, les préparations ont pris des teintes les plus diverses (brunes, noires, rouges, ocres, grises, …).

 

R

 

REFIXAGE

Ensemble des techniques permettant de remettre en place et de stabiliser les clivages d’une couche picturale (écaillages, déplacages, soulèvements). Dans leur grande majorité, ces consolidations se font à l’aide d’un adhésif naturel ou synthétique, accompagné d’une combinaison chaleur/pression.

 

RENTOILAGE

Technique de consolidation générale du support avec une toile neuve appliquée par collage au revers de la toile originale au moyen d’un adhésif naturel. A la différence du doublage, le rentoilage associe simultanément le refixage et la consolidation par l’imprégnation à chaud d’un adhésif au revers de la toile. Les adhésifs les plus fréquemment utilisés sont la cire-résine et la colle de pâte.

 

REPEINT

Partie localisée d'un tableau qui, après son exécution, a été repeinte afin de le modifier ou de le restaurer. Contrairement aux surpeints, les repeints sont plutôt réalisés dans un but technique. Ils dissimulent souvent des accidents sur la couche picturale ou des erreurs d’exécution.

 

RETOUCHE

La retouche est une égalisation chromatique ou une reconstitution des parties manquantes, sans invention de la part du restaurateur, dans le but de rendre la lisibilité à l’œuvre. On considère que trois approches sont possibles : 1/ Les retouches visibles de près mais indiscernables de loin, 2/ Les retouches dites "illusionnistes", indiscernables de près comme de loin, 3/ Les retouches dites "fragmentaires", laissant volontairement certaines lacunes visibles tandis que d'autres sont retouchées.

 

S

 

SOURCES LUMINEUSES

Pour une peinture à l’huile, les sources lumineuses représentent un risque de dégradation photo-chimique quand elles sont mal adaptées. Il convient d'éviter les éclairages directionnels naturels (soleil) ou artificiels (spots, halogènes) car ils amplifient l’effet néfaste des rayons ultraviolets (sensibilité de certains pigments, jaunissement du vernis). Par ailleurs, les infrarouges génèrent une température qui peut agir de manière imprévisible sur les matériaux constitutifs de l’œuvre. Une lumière modérée et diffuse reste l’éclairage le mieux adapté à la bonne conservation d’un tableau (voir la rubrique Lumière dans le chapitre Conservation).

 

SURPEINT

Contrairement au repeint, réalisé le plus souvent dans un but technique (dissimulation d'un accident), le surpeint est une forme de retouche destinée à modifier la composition originale. Ces interventions peuvent répondre à des préoccupations morales (personnages jugés impudiques et "rhabillés"), politiques (dissimulation d'armoiries ou de mentions), stylistiques (modification de costumes, changement de décors, "remises au goût du jour").

 

T

 

TECHNIQUE MIXTE

Dans le cadre de la peinture ancienne, on désigne par technique mixte une peinture à l’huile exécutée sur un dessous à la tempera (peinture à l’œuf).

 

TEMPERA

Procédé de peinture consistant à délayer des pigments en poudre dans de l'eau additionnée de jaune d'œuf servant de liant. La tempera au jaune d'œuf devint la technique la plus employée pour la peinture de tableaux dans l'Europe de la fin du Moyen Age et du début de la Renaissance. Ce procédé fut progressivement délaissé au profit de la peinture à l'huile dès la fin du quinzième siècle.

 

U

 

ULTRAVIOLET

L'ultraviolet (UV), également appelé "lumière noire" parce qu'il n'est pas visible à l'œil nu, est un rayonnement électromagnétique d'une longueur d'onde plus courte que celle de la lumière visible. Il ne peut être observé qu'indirectement, soit par fluorescence, soit à l'aide de détecteurs spécifiques.

 

X

 

XYLOPHAGES

Terme désignant l’ensemble des insectes dont les larves vivent dans le bois et s’en nourrissent. Les espèces les plus courantes sont : le capricorne, la petite vrillette, la grosse vrillette, le lyctus. Le termite est également un xylophage mais il ne vit pas à l’intérieur du bois.