Température, humidité, moisissures, lumière, pollutions atmosphériques comptent parmi les principaux ennemis des œuvres peintes. Pour limiter ces risques, voici quelques règles simples de conservation.

 

(Les mots en gras font l'objet d'une définition dans le glossaire)


 

Température, humidité

 

Selon le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France*, la plupart des objets d'art devraient être maintenus dans un lieu dont la température se situe entre 18 et 23 degrés et où le taux d'humidité relative (ou degré hygrométrique) varie de 47 à 53 % (le célèbrissime portrait de Mona Lisa, conservé au Louvre, est placé dans un caisson vitré isotherme qui assure une parfaite stabilité de ces paramètres). 

Sachant qu'il est impossible pour un particulier de reproduire ces conditions climatiques, nous donnons simplement le conseil suivant : évitez de soumettre les œuvres peintes à des écarts de température et d'humidité trop violents car ces variations ont des incidences sur le comportement du support (allongements, rétractations, déformations, fissurations, etc.) et sur la cohésion de la couche picturale (soulèvements, déplacages). 

On recommandera de surveiller très attentivement les tableaux conservés dans un édifice soumis à d'importantes variations climatiques (maisons en front de mer, par exemple). Et, d'une manière générale, on s'abstiendra de les accrocher aux murs des salles d'eau et des cuisines, ainsi qu'au dessus des radiateurs ou des cheminées en activité. 

 

* Source : Vademecum de la conservation préventive, disponible sur le site du Centre de Recherche et de Restauration de Musées de France (www.c2rmf.fr)


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Moisissures

 

Pour qu'elles se développent, les moisissures ont besoin de plusieurs conditions : une humidité relative qui dépasse les 65%*, une température de 30 degrés environ*

et un terrain nourricier. Friands de cellulose, de lignine, d'acides aminés, ces champignons microscopiques peuvent dégrader les toiles, les cartons, les panneaux de bois ainsi que les colles présentes dans les sous-couches de préparation

Les crasses qui, au fil du temps, s'accumulent au revers des tableaux sont également un bon substrat nourricier pour les moisissures. D'où l'importance d'entretenir aussi l'arrière des œuvres peintes et, plus particulièrement, les zones périphériques qui se situent entre la toile et les montants du châssis (terrain de prédilection des poussières et autres agrégats de différentes natures).

Dans un bâtiment qui vous parait humide, évitez de mettre en contact direct le revers du tableau et le mur sur lequel il est accroché. Deux simples cales placées en bas du cadre favoriseront une bonne circulation de l'air et limiteront le développement des moisissures (voir le schéma ci-contre).

Il est également possible de protéger le revers du tableau avec un doublage aveugle.


* Source : c2rmf


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Stockage


Si l'œuvre n'est pas exposée, prenez soin de l'emballer correctement et de la conserver à la verticale, isolée du sol, dans une pièce saine, correctement ventilée. Bannissez les caves et les combles qui, dans leur grande majorité, sont des lieux de stockage confinés, trop humides ou soumis à des variations de température excessives. 


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Lumière

 

Qu'elle soit naturelle ou artificielle, la lumière génère deux formes de rayonnements qui sont parfois préjudiciables : les ultraviolets et les infrarouges.

A hautes doses, les ultraviolets peuvent provoquer la décoloration, voire l'évanouissement de certains pigments sensibles. Par ailleurs, ils accélèrent le jaunissement des vernis et de l'huile constituant le liant des peintures.

Les infrarouges, eux, génèrent une élévation de la température qui agit de manière imprévisible sur les matériaux constituant l'œuvre (ramollissement, assèchement). Il est donc recommandé d'exposer les tableaux sous une source lumineuse modérée et diffuse. 

Les murs ensoleillés sont particulièrement dangereux ainsi que les éclairages placés trop près de l'œuvre (spots directionnels, lampes halogènes, rampes lumineuses fixées en haut du cadre).

Précisons que, pour la peinture à l'huile, un flux lumineux de 180 lux est considéré comme suffisant. 


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Pollutions atmosphériques


En milieu urbain, les poussières, les micro-particules issues du chauffage et de la circulation automobile, les polluants gazeux industriels ont une responsabilité dans l'encrassement et la dégradation des œuvres d'art. D'autres nuisances, limitées au périmètre domestique, sont également à prendre en compte. Ce sont les graisses, les suies, la nicotine. Au sein de l'habitat, on s'abstiendra d'accrocher un tableau dans les lieux suivants : cuisines en activité, pièces comportant une cheminée en état de marche, espaces fréquentés par des fumeurs, lieux où photophores et bougies sont régulièrement allumés.

Rappelons qu'un vernis mat, satiné ou brillant, protège la peinture de ces dépôts de différentes natures.


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Vibrations


Lorsqu'elles sont fortes et répétées, les vibrations deviennent un facteur de dégradation. Sur une œuvre peinte, elles provoquent parfois des chutes d'écailles, des fissurations, des décollements, des fatigues mécaniques, jusqu'au décrochement et à la chute du tableau lui-même. Pour ces raisons, on évitera de soumettre l'objet aux vibrations générées par la circulation automobile, le trafic aérien, les travaux, le métro, l'industrie, les manifestations musicales... (liste non exhaustive). 

Si une œuvre doit être transportée, on s'assurera qu'elle est protégée des chocs et des vibrations qui vont survenir pendant le trajet. 


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Insectes xylophages

 

Le capricorne, la petite vrillette, la grosse vrillette, le lyctus, le termite sont des xylophages susceptibles d'endommager un châssis ou un panneau de bois sur lequel une œuvre est peinte. Afin d'éviter toute contamination, on évitera d'introduire un tableau en bon état dans un lieu où des meubles en bois sont attaqués par ces nuisibles (les petites perforations accompagnées de sciure sont caractéristiques). Précisons que ces insectes se développent dans une température de 20 à 30 degrés et une humidité relative se situant entre 60 et 80%.

Tout objet d'art altéré par des xylophages doit, sans tarder, faire l'objet d'un traitement chimique ou d'une anoxie, puis être conservé dans un espace sain.


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Entretien courant

 

Essuyez délicatement la surface du tableau avec un chiffon propre, sec et doux. Evitez les lingettes, les dépoussiérants et autres dégraissants vendus dans le commerce. Le pH de ces produits n'est pas adapté au nettoyage des œuvres d'art. Ils peuvent donc les endommager de manière irréversible.

De la même manière, certaines "recettes de grand-mère" sont loin d'être recommandables (un chapitre leur est consacré dans la rubrique "Questions/Réponses"). Non seulement ces procédés de nettoyage ne donnent pas le meilleur résultat mais, de surcroît, ils mettent l'œuvre en danger et provoquent parfois de graves altérations de la couche picturale.